StoryCode Grand Ouest #11 : Apéro transmédia à Nantes – 28 mai 2015

StoryCode Grand Ouest #11 : Apéro transmédia à Nantes – 28 mai 2015

Le 28 mai 2015, Ouest Médialab et le Quartier de la Création ont organisé un apéro StoryCode sur le transmédia, à Insula sur l’île de Nantes. 4 porteurs de projet sont venus présenter leurs créations interactives. Découvrez un petit aperçu de chaque projet, accompagné d’un retour d’expérience.

1) Deux projets cross-média : « Baskup » et « Booksterz »

Rémy Guérin, scénariste et concepteur de jeu vidéo, est venu présenter 2 projets de la société Termites Factory avec son collègue Sylvain Dos Santos.

  • Le projet Baskup, dédié au basketteur Tony Parker, s’articule autour du dessin animé et de jeux en flash

Les membres de la petite équipe souhaitaient raconter des histoires ensemble dans leurs médias respectifs et le média de leur rencontre a été le dessin animé. C’est de là qu’est né le dessin animé Baskup, diffusé sur M6. Le média télévision n’est pourtant pas « le plus accessible du monde ». La série (5 millions d’euros de budget) a connu  un vrai succès et a été exploitée dans un jeu vidéo, des livres numériques et des produits dérivés… Le projet est devenu transmédia par opportunité !

"Baskup", un des projets crossmédia réalisé par Rémi Guérin

« Baskup », un des projets crossmédia réalisé par Rémi Guérin

 

  • Le projet « Booksterz », qui propose à l’utilisateur d’incarner un invocateur capable de créer des personnages fantastiques

Ce projet vise à « rendre plus cool la littérature auprès des enfants ». Selon ses auteurs, « il n’y a pas de raison que les personnages de Naruto soient plus connus que ceux des contes de Grimm !». C’est un projet pensé d’emblée sur plusieurs supports : film d’animation, livre papier et livre numérique. Pour Termites Factory, le véritable enjeu du transmédia est d’arriver à créer une seconde expérience pour les enfants (sur la tablette).

Le financement de ces projets provient des partenaires et de la pré-vente à l’international (l’animation s’exporte plus facilement que la fiction).

2) Le web-documentaire sur Marie de Bretagne, abbesse de Fontevraud

Thierry Bohnké, directeur de la société OHNK productions, est venu présenter ce webdoc interactif qui retrace l’histoire de la première dame de Fontevraud au travers d’une visite interactive.

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Marie de Bretagne, un web-documentaire réalisé par la société OHNK

 

Selon Thierry Bohnké, le transmédia comporte 3 dimensions : la narration (l’histoire que l’on veut raconter), la dimension temporelle et l’expérience utilisateur. Il estime que le travail d’un projet transmédia nécessite un dépassement beaucoup plus poussé que celui d’un film classique.

La société OHNK a réalisé ce web-documentaire à l’aide de l’outil Racontr qui permet de réaliser des expériences interactives sans nécessiter de développement web. Le web-documentaire a été pensé pour le lieu et est diffusé au sein de l’abbaye, s’intégrant dans le parcours du visiteur. Pour la trame du scénario, l’équipe a travaillé avec Marie-Françoise Damongeot Bourdat, dont l’interview accompagne la visite interactive. Budget : environ 10 000 euros.

3) Le projet interactif « Prise de rôle »

Charlotte Blanchet est venue présenter son projet interactif, inspiré par la célèbre soprano Nathalie Manfrino. Il s’agit d’une balade interactive qui amène l’utilisateur à découvrir les coulisses de l’Opéra en alternant phases de décision de l’utilisateur et images documentaires.

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« Prise de rôle », de Charlotte Blanchet, avec Nathalie Manfrino

 

La question de départ de Charlotte Blanchet est simple : « Pourriez-vous devenir chanteur/euse d’opéra » ? Le projet interactif « Prise de rôle » s’immisce dans le monde fermé de l’opéra. Pour cela, l’utilisateur rentre dans la peau d’un chanteur lyrique et peut visiter la salle de maquillage, les coulisses de l’opéra ou encore essayer des costumes. L’idée de départ était de montrer l’envers du décors pour sensibiliser les gens au métier. Selon la porteuse de projet, « Un documentaire linéaire n’était pas la bonne réponse pour parler de toute cette émotion qui se dégageait de ce lieu ». Charlotte et son équipe ont souhaité casser la linéarité du récit de base. Ils ont donc réécrit toute l’histoire en partant d’un contenu qui n’avait à la base pas été pensé pour de la narration interactive, en travaillant avec Bastien Kerspern, game designer chez Casus Ludi.

Durant le StoryCode, l’équipe est aussi revenue sur les difficultés rencontrées durant projet comme par exemple acquérir de la complémentarité entre les compétences, un langage commun, la phase d’acculturation pour atteindre ensemble cette expertise interactive. Pour créer de l’interactivité, l’équipe a notamment travaillé des séquences dans lesquelles l’utilisateur doit faire un choix (travailler plutôt sa performance scénique ou aller voir sa costumière) et ce sont ses choix qui influencent la façon dont l’histoire est racontée. Le travail réside dans l’écriture de plusieurs embranchements qui vont toujours dans la même direction. Le projet « Prise de rôle » est encore en phase de développement et recherche des diffuseurs.

4) Le webdoc interactif « Sea is my country »

Le web-documentaire de Marc Picavez « See is my country » est une immersion à bord d’un navire marchand effectuant la liaison entre l’Europe et l’Afrique.

"Sea is my country", le documentaire du réalisateur Marc Picavez

« Sea is my country », le documentaire du réalisateur Marc Picavez

 

L’expérience interactive s’articule en 3 volets : une expérience immersive en ligne, un film documentaire et une exposition au Life de Saint-Nazaire.

Isolés sur leurs cargos, les hommes de la marine marchande transitent dans un autre espace-temps, oscillant entre voyages en mer interminables et escales fugitives. L’objectif du projet : offrir aux utilisateurs une vision immersive du voyage et du quotidien de ces marins. À l’inverse de l’exposition, l’idée du film était surtout de montrer des personnages forts et de vivre l’aventure avec eux sur le volet web.

L’écriture a été guidée par l’enjeu du projet web et du film. L’équipe a cherché à obtenir de l’internaute l’exploration d’un monde inconnu. Le son 3D (écoute au casque) permet de rendre le récit plus immersif et l’équipe a joué sur le temps, qui a un impact fort sur les marins. Ce projet a nécessité 2 ans de développement et l’équipe est allée le pitcher un peu partout pour trouver des partenaires à l’international. La société bordelaise Once Upon imagine avec eux le scénario interactif et conçoit l’expérience utilisateur et les datavisualisations. La société Racontr s’investit quant à elle en développant un prototype. Courrier International est partenaire du webdoc mais d’autres diffuseurs sont nécessaires pour boucler le budget de production. Le film est quant à lui soutenu par Arte.

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